Site Navigation




Projeto Cinema na Floresta

SURUI


De même
que les Surui
ont besoin de la forêt
pour survivre
comme peuple, 
de même l’humanité
ne peut  s’en passer. 

Almir Surui 

Le projet PAMINE

Nature du projet
Ce projet consiste à planter des arbres utiles économiquement et socialement dans une zone où la forêt a été appauvrie (zone anciennement déboisée par les colons) à proximité des villages Suruí, afin que ceux-ci puissent en exploiter les bénéfices ( récolte des graines et fruits) de manière durable.

Les Suruí ont tout d’abord déterminé une zone d’environ 12 ha, proche du village de Lapetanha, qu’ils souhaiterait reforester, ou plus exactement enrichir en espèces utiles. Ils ont dans le même temps fait une liste de ces espèces. Après étude avec un ingénieur forestier, Luis Maretto (de l’association Kanindé de Porto Velho) et discussion avec des chercheurs de l’EMBRAPA (institut de recherches agronomiques fédéral), il a été jugé plus adapté de fractionner cette zone de 12 ha, en fonction des besoins propres à chaque espèce d'arbre. Certaines espèces ont été abandonnées, du fait de leur difficulté à cultiver, et laissées de côtés pour une éventuelle étape ultérieure du projet.

Le nombre total d’arbres a été déterminé en fonction de la quantité de travail que les Suruí du village de Lapetanha pensent pouvoir investir durant l'année 2006 dans la reforestation sans que cela ne déstabilisent leur autres activités.

Le nombre d’arbres à planter dans un premier temps durant 2006 a été estimé à 1440.


Objectifs
L’objectif général de ce projet est d’engager le plus grand nombre de Suruí, à la suite de ceux qui les premiers en ont été demandeurs (les habitants du village de Lapetanha et leur leader Almir Narayamoga Suruí) dans des activités préservant la forêt amazonienne dans toute sa diversité biologique. Il s’agit pour cela de rendre attractif et bénéfiques la plantation d’arbres, afin de démontrer à l’ensemble de l’ethnie, voire aux peuples voisins, que l’exploitation du bois et les autres activités prédatrices ne sont pas les seuls solutions qui s’offre aux Indiens face aux pressions économiques qui s’exercent sur leurs sociétés. La restauration de la richesse de la forêt aux alentours des villages devrait permettre à la fois de réduire leur dépendance alimentaire à l’égard de la ville et leur fournir des revenus tirés d’une activité durable.

Le choix des arbres à replanter à été fait en fonction de plusieurs besoins et objectifs spécifiques, par ordre de priorité :

1. Combler des besoins traditionnels de consommation directe aujourd’hui impossibles à satisfaire par manque de ces espèces. Il s’agit en particulier des arbres dont le feuillage ou le bois entre dans la construction des maisons traditionnelles : babaçu, açaí, pupunha. On peut y inclure aussi la satisfaction de besoins plus culturels, notamment par les espèces nécessaire à l’artisanat et aux instruments rituels : tucumã, açaí, pupunha.

2. Assurer des une amélioration de l’alimentation, notamment par la consommation directe des fruits. C’est le cas de l’açaí, du pupunha, du manguier, de l’avocatier, du coco, du castanheira.

3. Fournir des sources de revenus monétaires par la commercialisation des produits :

Artisanat : c’est en particulier le cas du tucumã : la coque de son fruit permet de fabriquer des perles qui entrent dans tous les objets décoratifs Suruí : colliers, bracelets, bagues, ceintures. Le pupunha entre aussi dans la composition de certains objets (poignards décoratifs), qui pourront être commercialisés. Le problème actuel de leur commercialisation n’est pas celui du prix mais celui de l’accès au marché, le Rondônia étant dénué de visiteurs et ses habitants s’intéressants peu à l’art indigène. Des moyens d’entrer pour établir des contacts avec des boutiques spécialisées dans la vente d’art indigène, au Brésil ou
à l’étranger sont actuellement étudiés, éventuellement au moyen d’un site internet.

- Fruits : c’est le cas de l’açaí (à condition de résoudre le problème de son évacuation, car il ne se conserve que 2 ou 3 jours après cueillette sans réfrigération) ; sa vente comme produit brut, non transformé en jus ou compote (ce que les Suruí n’ont pas les moyens de faire) est assez rentable : son prix au kg est supérieur à celui du café pour un temps de travail bien moindre. Pourront aussi être vendus comme fruits non transformés, si leur production excède les besoins de consommation, ceux de l’avocatier, du coco du babaçu et du castanheira (qui est certainement celui qui offre le meilleur prix de revient).

- Matières premières : les fruits du babaçu et du castanheira peuvent être vendus comme matière première pour en tirer leur huile. Celle-ci peut entrer dans des produits cosmétiques (savon, produits de beauté) ou, pour le babaçu, dans la fabrication de biocarburants. Les Suruí ne maîtrisent pour l’instant en rien ces techniques de transformation.

Produits transformés : le fruit du babaçu peut permettre la confection d’un produit alimentaire, une « farinha », commercialisable au niveau local. Cette technique de transformation est assez simple et facile à mettre en œuvre par les Indiens eux-mêmes ; le freijó doit aider à la production de miel, commercialisable localement.

(Le choix de la vente de fruits pour l’un ou l’autre de ces usage sera fait en fonction de la demande locale et des prix proposés.)

4. Diversification biologique : c’est le cas des espèces épuisées par l’exploitation du bois : freijó, acajou et cerejeira.

5. Acquisitions des savoirs techniques et d'auto-production des ressources naturelles (semences) afin de pouvoir étendre la reforestation à d’autres zones et villages.